Mot du président

Nous sommes des internistes généralistes

Benjamin Chen, M.D.

La Société canadienne de médecine interne (SCMI) a franchi une étape marquante en décembre 2010 : le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) a décrété que la médecine interne générale était une surspécialité à part entière. Beaucoup a été fait depuis lors, notamment la détermination des objectifs de la formation de ce nouveau programme d’études de deux ans en médecine interne générale, quoique des défis demeurent, dont la mise à niveau des programmes de formation au pays, la conception de l’examen de médecine interne générale menant au nouveau certificat délivré par le CRMCC et la promotion de la discipline dans l’espoir de recruter des médecins talentueux. Nul doute qu’une nouvelle ère prometteuse attend la médecine interne générale au Canada. Le lecteur de la revue sait bien que la discipline doit cette réussite aux nombreux internistes généralistes qui n’ont rien ménagé pendant des années pour défendre cette cause.

La surspécialité étant désormais reconnue par le CRMCC, les internistes généralistes ont la possibilité d’obtenir le certificat de médecine interne générale en empruntant la Route d’évaluation par la pratique pour les surspécialistes (REP-sur) et en se présentant à l’examen de médecine interne générale. Le premier examen aura lieu en septembre 2014, et une séance d’examen se tiendra chaque année par la suite. Le site Web remanié de la SCMI présente une foire aux questions précisant la démarche d’obtention du certificat. Le certificat est un atout, c’est à bien y penser!

Bien entendu, l’interniste généraliste qui ne souhaite pas se présenter à l’examen de médecine interne générale pour le moment ne peut se dire titulaire du certificat délivré par le CRMCC. Néanmoins, plusieurs se demandent si nous pouvons nous dire des internistes généralistes. À ce propos, la SCMI – société d’envergure pancanadienne représentant la médecine interne et la médecine interne générale – a adopté dernièrement une définition opérationnelle de la médecine interne générale et d’interniste généraliste en fonction exclusivement des compétences professionnelles et du champ de pratique :

La médecine interne générale est une surspécialité de la médecine interne qui intègre les valeurs du généralisme, est sensible aux besoins de la population et préconise l’adaptation du mode de pratique du médecin lorsque les besoins de la population changent.

Les internistes généralistes sont préparés à diagnostiquer et à prendre en charge les problèmes de santé courants ou émergents qui relèvent de la médecine interne, que le problème se présente seul ou en compagnie d’autres troubles de santé et lorsque l’accès aux autres surspécialités est limité. Les internistes généralistes prodiguent des soins complets à des patients adultes dans une perspective globale par opposition à la démarche diagnostique et thérapeutique axée sur un organe ou une maladie. Ils sont en mesure de maintenir la stabilité des patients présentant des troubles multiples à long terme ou durant une période de stress physiologique, telles la grossesse ou la période périopératoire.

Les internistes généralistes se portent à la défense de leurs patients et de tous les patients au sein des systèmes complexes de prestation de soins de santé, dans l’optique d’optimiser les soins, plutôt que de les maximiser, et de prévenir d’autres maladies. Ils savent que l’exercice de la médecine est intimement lié à l’art et à la science de la prestation de soins de santé et que, en raison de leur rôle central, ils occupent une place distinctive dans l’amélioration de la qualité des services de santé, la promotion de la sécurité des patients et l’innovation dans les systèmes de santé.

Pour paraphraser le « test du canard » (si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c’est qu’il s’agit sans doute d’un canard), si un interniste se considère comme un interniste généraliste, exerce sa profession comme un interniste généraliste, soigne ses patients comme un interniste généraliste et s’exprime et communique comme un interniste généraliste, c’est qu’il est fort probablement un interniste généraliste. La SCMI fait valoir l’interniste généraliste, sa place et son importance, depuis bien longtemps, en l’absence de reconnaissance de la surspécialité et de certificat, et elle continuera de représenter tous les internistes généralistes du Canada.

Pour poursuivre la discussion, adressez un mot à la revue, allez-y de vos observations sur le nouveau blogue csim.ca ou communiquez avec moi à Benjamin.Chen@generalinternist.ca.